
L’Antéchrist & la fresque inachevée
« l’Antéchrist », œuvre non datée, non signée, longue d’au moins trois mètres et haute de deux et demi, lui est bien attribuable et date des tous derniers mois de sa vie.
Ce dessin long d’environ trois mètres, haut d’environ deux mètres et demi, représente un visage à l’allure singulière, au demi-sourire effrayant et mystérieux, bien de sa griffe, ce que confirme la découverte in situ.
La sémantique de cette représentation la rattache aux périodes de doute initiées par une réintégration malaisée à la Mère Patrie, d’hésitation idéologique, peut-être religieuse, à cette période même où il tentait de réintégrer la Franc-Maçonnerie.
Il a réussi à y transcrire par le même trait tous ces ressentis.
L’étonnante « Fresque Inachevée » longue d’environ de deux mètres et demi, logée sous l’établi, fut laissée sur place. Elle représente des guerriers, à pied. Du visage du « chevalier normand » en armure, à droite, portant couronne et cotte de maille, tenant un étendard à lions flammés, se dégagent les sentiments de tristesse, de désillusion, un ressenti à la veille ou à la fin d’une bataille. L’expression des trois autres guerriers vêtues de braies, ne peut pas être lue car leurs traits ne sont pas achevés.
Il s’agit d’émotions que Roger aura exprimées à travers sa peinture juste avant l’automne où il disparut. Cette œuvre dite « Fresque Inachevée », peinte sur bois, pleine de fraîcheur par le choix des couleurs, démontre que son doigté restait précis, ce dont témoigne la légèreté du trait, et ce malgré la dimension des deux ouvrages, Antechrist et Fresque inachevée.
Le thème de la « fresque » dépeint les deux univers qui avaient gouverné sa vie, l’un géographique, l’autre d’ordre culturel qu’il affectionnait par reflet identitaire, né de ses périples archéologiques et architecturaux. Les mondes antique et moyenâgeux y sont symbolisés comme prémices de la fusion de deux mondes qui s’opposent.
Ces deux œuvres reflètent une infinie tristesse. Le visage de « l’Antéchrist » reflète et suscite paradoxalement à la fois un mélange de sentiments de peur et de regrets. Leur originalité réside dans la transcription de plusieurs ressentis par le même trait.