Crépuscule d’orage à Pennedepie

« Crépuscule d’orage à Pennedepie » est une aquarelle signée en bas à gauche. Elle présente une technique mixte rehaussée de touches de pastel.

Cette œuvre plus ancienne est étonnante. Elle n’est pas datée, mais le rendu de la ligne simulant le sable, similaire à celle des œuvres datées de la plage d’Étretat, fait en sorte que je la place aux années quatre-vingt. Roger défonce ici le genre, tout en respectant le réel, il est à la limite du figuratif. Cette toile presque abstraite comporte trois dimensions, à la frontière de l’abstrait et du concret.

Les bleus foncés tout en nuances symbolisent le crépuscule. La ligne d’horizon se fond entre ciel et terre par la formation de nuages. A qui connaît l’endroit, nul secret ; les pieux dans la mer forment une deuxième ligne d’horizon : les deux pieux du milieu, sont situés en deçà d’un noyau noir de nébuleuse d’orage cerclé par les nuages blancs à dégradé gris-bleu. Connaissant le mental de Roger je pourrais y voir la représentation symbolique spontanée du sexe féminin. Par endroit, le pastel blanc surligne la ligne d’horizon ocrée qui ramène la scène au réel.

Pourtant, contradictoirement, cette œuvre se rattache à ses paysages hyper-concrets car elle est caractérisée par un trait précis mais schématique, où les strates de lumière crées par l’ application de couches successives d’aquarelle gouachée résultent en un effet de volume.

Lors des passages de lumière solaire dans la pièce où est placée cette toile, les reflets du tableau changent, ainsi que les effets de lumière, et lui donnent une réalité autre. Par cette œuvre, il a créé un nouveau courant qui se rattache à l’impressionnisme.

Ses paysages de mer présentent une quatrième dimension allant du volume vers l’abstrait en une fonte de la réalité au rêve ; la ligne y est comme dans le rêve, immatérielle, elle est présente, mais elle est en suspens.

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